agonie : Definition sur Az-sante.com
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Agonie


Période ultime de la vie, qui précède immédiatement la mort. Ce mot est dérivé d'un terme grec qui signifie "lutte, combat" et rend donc bien compte de la dernière bataille que l'organisme livre pour sa survie.

Dans certains cas, la mort est brutale, par exemple lorsqu'elle est due à un accident. Mais dans la majorité des cas elle ne survient qu'après un état plus ou moins prolongé de maladie; elle représente alors la fin d'un combat où les forces vitales ont essayé vainement de prolonger l'activité des organes les plus essentiels à la vie.

C'est en effet la défaillance des grands systèmes destinés à entretenir la vie qui provoque les signes principaux de l'entrée dans l'agonie; c'est la circulation qui ne réussit plus, faute d'énergie à faire pénétrer le sang, comme il le faudrait, jusque dans les plus infimes parties du corps; c'est la respiration qui, devenant insuffisante, ne permet plus à l'oxygène de l'air d'enrichir le sang qui passe par les poumons; c'est le cerveau enfin qui, ne recevant plus assez de sang ni d'oxygène, ne peut plus assurer le contrôle de l'organisme tout entier.

Le début de l'agonie se marque généralement par une modification du rythme de la respiration, ce qui attire l'attention des personnes qui se trouvent à côté du malade : un rythme irrégulier s'établit en effet, lent ou rapide selon qu'il y a de la fièvre ou non, saccadé, rauque; tantôt le malade respire à pleins poumons, comme s'il avait l'impression de manquer d'air tantôt au contraire son souffle est petit, presque imperceptible, franchissant à peine la bouche entrouverte. Son visage pâlit et se couvre de sueur, son pouls devient irrégulier et faible. Une agitation importante apparaît alors souvent : les bras et les mains se tendent et se détendent convulsivement, aucune position ne semble être supportée par le malade.

Chez ceux des agonisants dont la conscience est intacte, et ils sont nombreux, une angoisse profonde peut apparaître; une conscience confuse de la gravité de son propre état peut en effet faire comprendre à l'individu menacé que cette lutte pour la vie est la dernière, et que son organisme tente, par un dernier sursaut d'énergie de repousser l'échéance fatale.

Mais peu à peu des signes évidents de fatigue apparaissent : le souffle se fait court et de plus en plus rauque; les mouvements se calment; les membres commencent à se refroidir à leur extrémité, aux pieds et aux mains. De grands frissons indiquent que la température du corps tend à diminuer. La parole est de plus en plus difficile, quelques mots seulement peuvent être entendus; encore faut-il, pour les percevoir, approcher l'oreille très près des lèvres du moribond, sans quoi ils seraient inaudibles. Mais il ne faut pas en déduire que la conscience et la lucidité de ce malade l'ont déjà définitivement quitté : même s'il n'a plus la force de s'exprimer ou d'effectuer des gestes, il peut encore entendre ce que l'on dit autour de lui.

On peut considérer même que son esprit, tout entier occupé par la lutte capitale qui se mène, est à l'affût du moindre signe de vie, de la moindre parole, de chaque bruit fait autour de lui : il est donc extrêmement important que les personnes qui se trouvent au chevet d'un malade que l'on considère comme mourant s'abstiennent de tout commentaire à son sujet. Il vaut mieux attendre non seulement d'être un peu à l'écart, mais aussi d'être certain de n'être pas entendu par le malade, pour exprimer toute opinion sur son état. Le silence et la discrétion représentent certainement la seule attitude humaine que l'on puisse adopter en présence d'un agonisant.

Il vient pourtant un moment où la conscience elle-même s'éteint, lorsque le cerveau (qui est constitué par le tissu le plus fragile de l'organisme) n'est plus alimenté comme il le faudrait en sang et en oxygène : alors plus aucune stimulation auditive, visuelle, tactile ou même douloureuse ne peut interrompre la torpeur profonde où s'enfonce le malade : celui-ci ne survit plus que grâce aux dernières tentatives que font le coeur et les poumons pour assurer leur fonction. Mais assez rapidement, dans la plupart des cas, ces derniers signes même de la vie ne résistent pas longtemps à l'extrême épuisement de l'organisme tout entier : une dernière expiration, plus forte que les autres, témoigne de l'arrêt de la vie, et la tête retombe sur le côté, marquant la fin de cette lutte qu'a été l'agonie.

Ce tableau général est en fait variable selon les affections qui peuvent provoquer la mort du malade; chacune de ces affections présente en effet des caractéristiques bien particulières, qui sont, par exemple, les suivantes :

- dans l'urémie (ou insuffisance rénale chronique), le teint est d'une pâleur terreuse, la peau est recouverte d'une sueur grasse et jaunâtre; la torpeur est profonde, surtout pendant la journée, alors que la nuit est agitée; il existe souvent une angoisse importante, s'exprimant par des gémissements ou des hallucinations; la respiration enfin fait alterner des cycles de mouvements de plus en plus amples, puis de plus en plus faibles, avec une pause entre chaque cycle (rythme respiratoire de Cheyne-Stokes);
- dans l'intoxication due à l'oxyde de carbone, lorsque l'on n'a pu intervenir à temps, la température s'élève jusqu'à 40¡ ou plus, la respiration devient irrégulière, la peau prend une coloration rosée et se couvre de plaques rougeâtres qui forment des sortes de cloques (phlyctènes) remplies de liquide transparent (sérosité);
- dans le tétanos c'est un tableau d'asphyxie lente, due à la contracture des muscles du thorax, très douloureuse, d'autant plus que la conscience n'est altérée qu'aux derniers moments et que s'y ajoute une insomnie tenace;
- dans la plupart des maladies infectieuses enfin, c'est une brutale poussée de fièvre qui peut emporter le malade; elle se traduit alors par des sueurs abondantes, une agitation souvent très vive, des paroles incohérentes, parfois même une sorte de délire.

L'impuissance des moyens de traitement avait longtemps retenu les médecins d'intervenir au moment de l'agonie; il était donc traditionnel de la respecter tout en cherchant à soulager au maximun l'angoisse et les douleurs qu'un tel état peut provoquer. L'emploi de la morphine ou de ses dérivés contre la douleur, l'utilisation de l'oxygène contre l'asphyxie les injections de toni-cardiaques ou de stimulants respiratoires permettent fréquemment de prolonger l'état de conscience des moribonds et d'adoucir leurs derniers moments.

Des soins plus simples, mais précieux pour celui qui en est l'objet, peuvent également être pratiqués par l'entourage : veiller à ce que la température de la pièce reste douce et éviter les courants d'air; couvrir ou découvrir le malade à sa demande tout en entretenant le bon ordre de son lit; pourvoir à ses boissons, lorsqu'il réclame à boire, ou rafraîchir ses lèvres avec un linge humide s'il ne peut plus avaler sans risque de s'étouffer; enfin maintenir au mieux sa propreté corporelle.

En fait il est parfois bien difficile de reconnaître le début d'une agonie; il peut s'agir simplement d'une aggravation momentanée d'une maladie importante : seul le médecin est à même de faire cette distinction et le recours à son diagnostic est indispensable dès que les premiers signes décrits plus haut apparaissent. Lui seul pourra faire éventuellement l'intervention thérapeutique qui s'impose, lui seul de toute façon pourra prescrire les médicaments qui soulageront les derniers instants de l'agonisant. Lui seul surtout pourra savoir si le cas qui lui est soumis peut bénéficier des dernières techniques mises au point par la médecine moderne; la puissance des médicaments peut parfois entraîner l'amélioration d'un état que l'on aurait autrefois considéré comme désespéré, et il n'est pas rare que l'on puisse artificiellement maintenir les grandes fonctions vitales d'un malade alors même que sa conscience s'est éteinte, temporairement ou définitivement.

Ce sont d'ailleurs ces progrès qui ont amené à substituer partiellement à la notion d'agonie celle de coma qui est une notion plus scientifique et qui a permis de classifier les différents progrès de la perte de conscience; ces mêmes progrès ont par ailleurs abouti à la nécessité d'une nouvelle définition de la mort elle-même : aux signes classiques qui peuvent être constatés par tout médecin au chevet même du malade, on a en effet ajouté des signes plus profonds qui ne peuvent être enregistrés qu'à l'aide d'un appareillage complexe (voir mort)

3 commentaire(s) sur le mot agonie

Bonjour tristesse ... Par Pilou - 06/02/2010 - 04:13:14

Je viens de lire en entier cette page et à la fin c'est grosses larmes garantie (on a tous perdu un être cher à un moment ou à un autre).

En tout cas, j'aime bien az-santé que je viens de découvrir (vivement que toutes les lettres soient remplies).

Le sujet n'est pas facile ! Par Administrateur - 06/02/2010 - 16:53:00

En même temps, faut bien reconnaitre que le sujet ne se prête pas aux grands sourires. Je ne l'avais pas ressenti ainsi mais en relisant, c'est vrai que ca doit retourner un peu les tripes si on vient de perdre quelqu'un dans des conditions proches de ce qui est décrit.

Pour ce qui est de l'avancement du chantier, la prévision est que le premier lot des descriptions (tous les mots actuellement accessibles) soit fini durant l'été.

Note : en temps que membre inscrit, tu recevra un mail t'avertissant à chaque intégration d'un nouveau lot de mots (on le fait par gros paquets en raison de calculs lourds engendrés par les mots connexes ...

Tous les mots en Be Par Administrateur - 07/02/2010 - 21:55:50

Voilà pilou, on vient d'ajouter les mots de la série "Be" (tu as du recevoir un mail t'en avisant).

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