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Babillage
Né sous la Renaissance, le mot n'est employé couramment que depuis le début du 19e siècle.
C'est un bien joli mot pour désigner le "langage" du très jeune enfant qui n'a pas encore de mots à sa disposition. "Gazouillis" se dit aussi. L'un comme l'autre, babillage comme gazouillis, font entendre, semble-t-il, cette sorte de jeu vocal auquel se livre l'enfant qui en est, et en quelque sorte, au "stade oiseau". Les médecins parlent ici d'allation et de période pré-linguistique.
Le babillage est spontané. Il ne dépend pas du milieu, et le langage des parents et de l'entourage n'a aucune influence sur lui. C'est la première apparition de l'activité articulaire, de la modulation de la voix. Au gazouillis indistinct va faire suite, insensiblement, un préverbiage; il n'y a pas à proprement parler "langage"; l'enfant s'entend et surtout joue à s'entendre et à se faire entendre : cette activité est dite "ludique" (du latin ludus : jeu).
C'est à ce stade que se décèlent les surdités de naissance. L'enfant né sourd babille comme tous les autres, mais, comme il n'entend pas, il ne passe pas au stade imitatif : il cesse simplement de babiller, il se tait.
Vers l'âge de 15 mois, l'enfant s'efforce de reproduire les sons qu'il émet et ceux qu'il entend : il les répète, réalise des "pe-pe", et des "mm-mm" sans signification.
On parlera ici de psittacisme (du latin psittacus : perroquet). Petit à petit, les ébauches prennent forme, s'accompagnent de mimiques. "L'enfant jase", disent les parents. C'est le "jasis", disent les médecins. en fin, la période prélinguistique commence. Le langage se dégage. Certains mots isolés prennent une certaine tonalité, sentimentale, affective et profonde : "papa, maman, lait"... sont bien dits et disent ce qu'ils veulent dire. De 20 mois à 2 ans, ces mots vont se juxtaposer; l'association de ces mots est un début de phrase. Puis apparaît le verbe qui permet à la phrase d'exprimer une action ou un état. L'enfant est en possession d'un langage, élémentaire sans doute, mais d'un vrai langage.
Moins de deux ans auront suffit pour passer du "babillage" au "langage".
C'est entre un et trois ans que l'enfant apprend à parler. On sait combien l'esprit se développe d'une façon prodigieuse au cours des trois premières années de la vie, et des études récentes ont montré que toute absence de stimulation mentale pendant cette période diminue effectivement son développement. Les progrès de l'enfant qui apprend à parler sont liés au progrès de ses sens et à ses progrès intellectuels. Il est à noter à ce sujet que l'enfant s'exerce dès les premiers mois de sa vie à la maîtrise des sons soit parce qu'il entend, soit, s'il est sourd, parce qu'il sent les mouvements de ses organes phonateurs. Chez le sourd, ce ne sera que plus tard que le "gazouillis" s'arrêtera, faute de motivation suffisante
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