Beriberi
Du mot cingalais qui signifie "faible".
Le béribéri est une maladie aussi ancienne que la civilisation chinoise : c'est la maladie des mangeurs de riz, ou, peut-être plus exactement, et c'est plus rassurant, la maladie des gens qui ne mangent que du riz. La preuve de cette origine alimentaire de la maladie est aisée à fournir : une alimentation plus variée guérit le béribéri. Mais cela ne fut découvert qu'au 5e millénaire de la civilisation chinoise : en 1883, par le Japonais Takaki.
Il fallait aller plus loin. Le riz est en cause, mais quel riz?
En 1897, un médecin attaché au pénitencier des Indes Néerlandaises, Reichman, constate que pour faire disparaître des troubles (paralysie) constatés chez des poules nourries exclusivement au riz poli, il suffisait de donner à ces poules la partie du riz contenant le son.
En 1911, Funk isole de la cuticule du riz la partie active, celle qui précisément prévient les troubles du béribéri et lui donne le nom de vitamine.
Le béribéri est en réalité le symptôme le plus évident de l'avitaminose B1 et ne s'observe du fait même de son origine que dans les pays grands consommateurs de riz.
Dans les pays occidentaux, cette maladie très rare, n'apparaît que sous des formes extrêmement frustes. Il n'en demeure pas moins que les recherches de Funk ont permis de mettre l'accent sur la nécessité d'apporter à l'organisme humain des principes nutritifs, tels que les vitamines, en quantités suffisantes (voir alimentation).
Troubles digestifs, anorexie (manque d'appétit), digestion difficile, constipation marquent l'apparition de la maladie.
Ces troubles s'accompagnent rapidement d'une altération de l'état général. Puis de polynévrite, c'est-à-dire l'atteinte des nerfs périphériques à l'extérieur de la moelle épinière. Cette polynévrite est représentée par une paralysie qui atteint progressivement les membres inférieurs et parfois les autres territoires musculaires. C'est une paralysie flasque (sans contraction spontanée des muscles) et amyotrophique (avec une fonte musculaire, soit une diminution du volume des muscles) accompagnée d'une aréflexie tendineuse (diminution ou disparition des réflexes). Les troubles de la sensibilité sont peu évidents, et l'administration de vitamines B amène très rapidement des améliorations spectaculaires.
Cette polynévrite présente, au reste, des caractères particuliers au béribéri. Elle débute en général, sur les muscles de la loge antéro-externe de la jambe, et atteint rapidement les muscles de la racine de la cuisse. Lorsqu'elle s'étend aux muscles supérieurs, elle intéresse essentiellement les muscles extenseurs des doigts, d'où une forme très particulière de la main : "la griffe" béribérique.
L'atteinte des muscles du tronc et du diaphragme est rare, et exceptionnelle celle des muscles de l'oeil et des muscles du pharynx. En revanche, les muscles de l'activité digestive sont fréquemment atteints. Les troubles gastriques et intestinaux sont à type d'atonie c'est-à-dire de faiblesse musculaire. Une insuffisance progressive de la cavité droite du coeur se manifeste parla dyspnée, un essouflement qu'accompagne souvent une impression d'angoisse. Puis apparaissent les oedèmes (infiltrations des tissus par un liquide) à apparence volumineuse dans le péritoine. La tension artérielle maximale est normale, mais la minimale est abaissée. La tension veineuse est très augmentée et la radiographie du coeur montre une très grosse dilatation cardiaque portant essentiellement sur le coeur droit. L'électrocardiogramme est perturbé.
L'évolution de cette insuffisance cardiaque est variable; elle peut se stabiliser et même rétrocéder, comme elle peut évoluer de façon aiguë et être mortelle.
La caractéristique de cette insuffisance cardiaque est de régresser rapidement sous l'influence de hautes doses de vitamines B.
Fréquent en Extrême-Orient, ses symptômes sont généralement les mêmes pour le nourrisson que pour l'adulte.
Il s'agit d'enfants nourris au sein d'une nourrice carencée, qui souvent présente une forme fruste de la maladie, ou d'enfants nourris essentiellement de lait bouilli et de farines trop blutées. L'anorexie manque d'appétit l'arrêt de la croissance en sont les principaux symptômes.
En dehors de la régulation du régime, le traitement du béribéri consiste à administrer des vitamines B1 à forte dose. Il donne d'excellents résultats si on intervient au début de la maladie
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