Bêtise
Vient de "bête". Ecrit, le mot apparaît pour la première fois dans un texte du XVe siècle.
Si "débilité mentale" ou "idiotie" sont des termes médicaux qui, grâce aux critères permettant de déterminer l'âge mental (voir âge), recouvrent des notions objectives, le terme de "bêtise" n'a pas sa place dans les définitions médicales.
Dire de quelqu'un qu'il est bête, c'est exprimer un jugement personnel sans doute, dans lequel peuvent apparaître les notions de débilité ou d'idiotie.
L'expression "faire une bêtise", elle, est parfaitement subjective, la bêtise en question pouvant être appréciée différemment selon les lieux et les gens. Ce qui sera une bêtise pour les uns ne le sera pas forcément pour les autres. Une bêtise, pourrait-on dire, est un "comportement particulier non conforme aux habitudes et qui surprend l'entourage". Cette bêtise peut être le fait "d'originaux" qui ont une conception morale et sociale de l'existence non conforme au modèle courant, au "standard" si l'on préfère, sans être pour autant anormale.
Elle peut tenir également au comportement de l'adolescent ou de l'enfant et témoigner plutôt d'un état revendicatif, ou d'une vie intérieure différente de celle que l'on suppose, que d'une malfaisance réelle. Chez les enfants, cela peut répondre au besoin de jeu (d'activité ludique). Les enfants vivent dans un monde intérieur pour lequel ils ont construit tout un environnement imaginaire; ils jouent aux cow-boys ou aux bandits sans avoir besoin pour cela de lasso ou de revolver. Il leur suffit bien souvent de raconter leur jeu et la "bêtise" peut être le prolongement pratique de ce jeu qu'ils se racontent ainsi. Pour juger la "bêtise" qu'on les accuse d'avoir commise, il conviendrait d'abord de se mettre à leur place, dans leur peau, de comprendre l'univers dans lequel ils vivent à ce moment-là.
On se bornera à évaluer si la bêtise est dangereuse et s'il convient de la réformer, mais cela sans tenter d'imposer les normes de l'adulte aux normes de l'enfant. Une deuxième raison, pour un enfant, de faire une bêtise tient de la revendication. Un enfant qui, un dimanche après-midi, est dans une pièce où des adultes parlent entre eux sans s'occuper de lui, s'ennuie vite; il essaye d'attirer l'attention sur lui, par tous les moyens. Alors, il casse quelque chose, cogne un meuble, lâche un "vilain mot", bref, il fait des "bêtises".
Il faut reconnaître que ce sont là bêtises normales; il est nécessaire à ce moment de tenir compte de la présence de l'enfant qui a un petit frère ou une petite soeur nouveau-né, et qui se considère comme spolié d'une partie de l'amour maternel. Il ne faut pas se dissimuler que les bêtises commises alors peuvent être dangereuses pour le petit frère ou la petite soeur; mais prendre des sanctions n'arrange rien. Il faut au contraire se montrer compréhensif, intégrer l'enfant dans le milieu familial et lui donner des responsabilités vis-à-vis du petit frère ou de la petite soeur. Il est nécessaire en tout cas de considérer ces bêtises comme un cri d'alarme lancé par l'enfant qui sentimentalement se sent spolié
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