Bogomoletz (serum de)
Ce fut, durant l'entre-deux-guerres, autre chose qu'un sérum. Alexandre Bogomoletz, biologiste et professeur de physiopathologie à Kiev (1881-1946) semblait avoir réalisé enfin le plus ancien rêve de l'homme : celui de la vieillesse vaincue.
" Un homme de soixante ou de soixante-dix ans est encore jeune, écrivait-il. Il n'a derrière lui que la moitié de son existence naturelle. La vieillesse peut être traitée, soignée, guérie tout comme n'importe quelle maladie, car ce que nous avons pris l'habitude de considérer comme un vieillissement normal est en réalité un phénomène anormal et prématuré". L'homme se plaisait-il à dire, a l'âge de ses tissus conjonctifs et il est fait pour vivre 140 ans...
Ainsi rejoignit-il Metchnikoff, pour qui la vieillesse était un "phénomène pathologique", et les limites qu'il fixait à la vie de l'homme n'étaient pas très éloignées de celles retenues, au XIXe siècle, par P. Flourens, promettant à l'homme "un siècle de vie normale et deux décades de vie extrême".
Le sérum du Pr Bogomoletz, appelé "antiréticulaire cytotoxique" ou A.R.C., était obtenu en injectant au cheval, ou à l'âne, un extrait de tissu réticulo-endothélial (moelle osseuse et rate) d'une autre espèce. Ce tissu injecté se comportait comme un antigène et déterminait chez l'animal l'apparition d'anticorps actifs à l'égard du tissu utilisé.
Injecté à très faibles doses dans le derme, le sérum A.R.C. était stimulant et son action fut vérifiée cliniquement : dans la cicatrisation des plaies et des ulcères, qu'elle accélère, dans la consolidation des fractures, qu'elle favorise.
Ce sont les résultats obtenus avec des chiens qui amenèrent Bogomoletz à étendre, avec l'emploi de doses plus fortes, l'action de son sérum à la thérapeutique des tumeurs et à la prévention des accidents de la sénescence chez l'homme.
Dans ce domaine, les résultats parurent plus contestables et des contre-indications furent établies telles que l'urée (hyperazotémie) et les traitements simultanés par les hormones.
Plus que d'autres, qui sembleraient cependant être plus directement influencés par certaines modes passagères, les travaux sur le vieillissement semblent voués à un sort identique : tomber dans le discrédit après avoir fait l'objet de l'engouement universel.
Il en fut ainsi pour le sérum Bogomoletz, qui semble être allé rejoindre, dans le rayon des vieilleries, les élixirs de longue vie, depuis la racine de gingembre qui rendait les Chinois immortels jusqu'à la teinture d'aloès en passant par "l'eau de la reine de Hongrie".
Cependant A. Bogomoletz semble avoir fait autre chose que d'ajouter une page, vite tournée à la très longue "histoire des fontaines de jouvence". En Russie, dans les instituts de biologie, les recherches se poursuivaient; et à Paris, à l'institut Pasteur, seule la mort du Dr Bardach (sérum de Bardach) les a interrompues (voir gérontologie).
Le but de ces recherches n'est pas, bien sûr, l'immortalité. Plus modeste, on pourrait en définir le principe : "il faut mourir jeune et le plus tard possible"
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Bardach (serum de)
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