Bovarysme
Ce mot a été formé avec le nom du personnage d'Emma Bovary, dans le roman de Gustave Flaubert "Madame Bovary". Selon le critique J. de Gaulthier, qui en est l'inventeur, ce terme désignerait "le pouvoir départi à l'homme de se concevoir autre qu'il est". Le bovarysme serait à rapprocher de la nymphomanie et de l'hystérie (voir ces mots).
Le sort réservé à ce terme suffirait à révéler qu'Emma Bovary est autre chose qu'un simple personnage de roman, mais véritablement un type suffisamment universel pour fournir un large sujet d'études au psychologue, au psychiatre, voire au médecin.
Aujourd'hui, tout être humain insatisfait à divers égards, mais souvent sexuellement, et, à cause de cela, mal inséré dans son milieu social, peut être soupçonné de bovarysme.
Comment éclairer le vague de cette explication? Peut-être en analysant le comportement de l'héroïne de Flaubert.
Ambition, vanité, imagination exubérante qui conduisent le "sujet" à se représenter au-dessus de sa condition réelle, apparaissent chez Emma Bovary avec cette précision que les spécialistes demandent, sans toujours l'obtenir, à la confession de leurs malades.
L'ambition qui conduit Emma Bovary à s'unir à un homme dont la seule qualité, à ses yeux, est d'appartenir à un milieu social plus élevé que le sien, est vite déçue. Fille de paysans, cependant élevée dans un couvent pour "jeunes filles bien nées", elle épouse un bourgeois, médecin; mais, une fois mariée, elle s'aperçoit qu'elle est la femme d'un balourd qui n'est, en vérité, qu'officier de santé. Insatisfaite, sur le plan sexuel comme sur le plan moral, et, cela va de soi, "incomprise", elle ne songe pas à s'interroger, à s'analyser, dirait-on aujourd'hui. Et pourtant, elle porte en elle, du fait de son éducation, les préjugés et interdits qui sont cause réelle du manque d'épanouissement dont elle souffre. Le coupable, pour elle, ne peut être que l'autre, ce mari qu'elle finit bientôt par ignorer, pour s'abandonner tout entière aux jeux de l'imagination.
Or, si Emma Bovary est une imaginative, c'est une imaginative névrotique. De celles qui demandent l'accomplissement de leurs rêves à une réalité qui ne peut les contenir. Ici, l'analyse de Flaubert revêt une telle précision qu'elle permet réellement une observation clinique telle qu'aucun médecin ne peut en rencontrer dans la vie réelle. A la phase des jeux de l'imagination jeux parfois très purs, succède une période de sautes d'humeur de mélancolie coupée d'élans subits, puis le rêve débouche sur une réalité banale qui devient vite sordide.
Le bovarysme est une maladie de fâcheux pronostic. Le rêve dégradé, corrompu, se dissout et entraîne parfois avec lui celui qui le vit.
Le suicide d'Emma Bovary était dans l'ordre naturel des choses
commentaire(s) sur le mot bovarysme
Pas de commentaires sur ce mot actuellement
|
Accès par les moteurs de recherche
Cette page sur le terme "bovarysme" a été
visitée 1029 fois et 408 visiteurs sont arrivés
par les moteurs de recherche
au moyen de 139 requêtes différentes
A visiter dans l'annuaire santé
|