Cauchemar
Le sommeil occupe un tiers de notre temps. Et le quart de ce temps est consacré au rêve. Nous passons donc un douzième de notre journée à rêver. Des calculs ont été faits; ils montrent qu'un homme de soixante ans aurait ainsi vécu cinq années de sa vie en activité onirique. Si l'on prive l'homme de sommeil, il meurt. Si on l'empêche de rêver, par des stimulations électriques se déclenchant en même temps que les songes, l'expérience l'a démontré, il peut devenir fou.
Cette importance primordiale du rêve a été ressentie depuis le début de l'humanité. Les Anciens y attachaient une force de présage. Les Egyptiens, pour qui les songes représentaient des évènements prémonitoires, entretenaient des prêtres exclusivement consacrés à leur interprétation. Les Grecs, puis les Romains, suivirent cette voie. Même les peuplades les plus primitives se sont intéressées à l'activité onirique de l'homme. Les Négritos des îles Andaman (Golfe du Bengale) par exemple ont longtemps considéré le rêve comme une manifestation de l'âme, partie maléfique de l'être. "Elle sort par le nez, pensaient-ils, et accomplit au-dehors du corps des exploits dont l'homme prend conscience en rêve".
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